FR-Evangile-Illustre-2015-03-13
June 4, 2020 - Sainte Clotilde
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L'évangile du jour
« Quel est le premier de tous les commandements ? » (Mc 12, 28b-34)

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.


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Enfin un scribe capable de sympathie ! Il l'est, en tout cas, dans l'Évangile de Marc, et tranche, par-là, sur les précédents interlocuteurs de Jésus.

Dans son chapitre douzième, Marc a entrepris de présenter quelques thèmes de l'enseignement de Jésus à Jérusalem, et il le fait sous forme de questions disputées. La première, concernant l'impôt dû à César, a été posée par les Pharisiens et les Hérodiens. Une autre question-piège a été concoctée par les Sadducéens, à propos de la femme aux sept maris. Et voici notre scribe qui s'avance. "Il les avait entendus discuter, explique Marc, et voyait que Jésus leur avait bien répondu".

C'est donc parce qu'il se sent d'accord avec Jésus que le scribe l'aborde pour une vraie question : "Quel est le tout-premier commandement, celui qui passe avant tout ?"

Jésus répond, en somme : "Il y a un premier, et il y a un second". Il faut donc bien admettre une hiérarchie des devoirs. Mais Jésus précise : "Le premier, c'est : Écoute, Israël..." La phrase est brusque, et seul Marc cite ainsi le Shema‘ Israël, l'exhortation venue du Deutéronome (6,4), avant de continuer : "Tu aimeras".

"Écoute, Israël... tu aimeras" : le précepte s'adresse à la fois au peuple et à chaque individu, à la personne au sein du peuple.

"Écoute, Israël : le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est unique !" C'est cette révélation, cette proclamation monothéiste et cette référence à Dieu comme notre Dieu qui vont légitimer le précepte : "Tu aimeras". Le même appel adressé au peuple entrant dans la terre promise, sera repris, bien des siècles après, par le prophète Zacharie, annonçant les temps messianiques : "Le Seigneur deviendra Roi sur toute la terre : en ce jour-là le Seigneur sera unique et unique son Nom !" (Za 14,9).

"Maître, tu as dit vrai", répond le scribe ; et, avec les mots des prophètes, il tire les conclusions ultimes de la pensée de Jésus pour sa foi de fils d'Israël : "Cela vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices !".

La loyauté du scribe reçoit immédiatement sa récompense : il a reconnu comme vraie l'intuition de Jésus, il a fait sienne son interprétation libérante de la Loi ; Jésus, à son tour, loue sa sagesse et l'encourage : "Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu !" ; sous-entendu : "il te reste seulement à reconnaître son Envoyé."

L'acquiescement d'un scribe au message de Jésus prend de court ses opposants. Aucun d'entre eux n'ose plus l'interroger, puisqu'un homme sorti de leurs rangs lui a donné raison.

La portée missionnaire de ce ralliement n'a pas échappé à l'évangéliste saint Marc : ce pas qu'un scribe de Palestine a su faire vers la nouveauté messianique, pourquoi les croyants de la diaspora ne le feraient-ils pas ?

En tout cas, vingt siècles après, l'adhésion de ce scribe à un programme de vie basé résolument sur l'amour vient contester nos lenteurs de disciples du Christ.

Qu'avons-nous soustrait, de notre cœur, de notre pensée, de nos ressources humaines, à l'amour du Maître qui devait tout prendre ?

Mais aussi, de quels sacrifices rêvons-nous, de quelles prestations pour le Royaume, de quelles œuvres mesurables, si nous avons cessé de rêver au bonheur du frère tout proche ? Disciples du Christ, nous savons non seulement quel est le nom de Dieu, mais jusqu'où est allé pour nous l'amour du Dieu unique. Le commandement d'aimer nous parvient maintenant par la voix de Jésus, qui s'est livré pour nous. À chaque Eucharistie, c'est le Ressuscité qui nous réunit et qui dit à chacun : "Tu aimeras ; les paroles que je te prescris aujourd'hui resteront dans ton cœur".

 Frères et sœurs, la liberté et l'allégresse que nous apporte l'Esprit Saint doivent nous aider à réentendre le premier appel, la voix du Dieu Unique intensément présent à l'histoire, à notre histoire.

Aujourd'hui comme au premier jour un chemin nous est offert pour lui répondre : le sentier de la fidélité, que saint Paul, il y a un instant, résumait ainsi pour son cher Timothée :

"Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme qui a fait ses preuves, comme un ouvrier qui n'a pas à rougir, et qui trace tout droit le chemin pour la parole de vérité" (2 Tim 2,15).


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Dans les visions de Maria Valtorta
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Date
3 avril 30
Lieu
Jérusalem
Livre
Tome 9 - ch 596.2
Préparation à la Passion

       (…) – Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? »

       Jésus se retourne et le regarde. Un doux sourire lumineux éclaire son visage, puis il lève la tête — il avait la tête inclinée à cause du scribe qui est de petite taille, et qui reste penché pour lui rendre honneur. Jésus tourne les yeux sur la foule, il scrute le groupe des pharisiens et docteurs, et il aperçoit le visage pâle de Joël à demi caché derrière un gros pharisien richement vêtu. Son sourire s’accentue. C’est comme une lumière qui va caresser le scribe honnête.

       Puis il baisse la tête pour regarder son interlocuteur, et il lui répond :

       « Le premier de tous les commandements est : “ Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces. ” C’est le premier et suprême commandement. Le second lui est semblable : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même. ” Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-ci. Ils contiennent toute la Loi et les prophètes.

       – Maître, tu as répondu avec sagesse et vérité. Il en est bien ainsi. Dieu est unique, et il n’y en a pas d’autre en dehors de lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute son âme et de toutes ses forces, et aimer son prochain comme soi-même a beaucoup plus de valeur que tous les holocaustes et tous les sacrifices. J’en suis tout à fait persuadé quand je médite ces paroles de David : “ Tu ne prends pas plaisir aux holocaustes ; mon sacrifice, ô Dieu, c’est un esprit brisé. ”

       – Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu, car tu as compris quel est l’holocauste qui est agréable à Dieu.

       – Mais quel est l’holocauste le plus parfait ? » demande dans un souffle le scribe, comme s’il disait un secret.

       Jésus rayonne d’amour en laissant tomber cette perle dans le cœur de l’homme qui s’ouvre à sa doctrine, à la doctrine du Royaume de Dieu, et il lui dit, en se penchant sur lui : (…)

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