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July 12, 2020 - Saint Olivier Plunket
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L'évangile du jour
« Ils ont donné du fruit » (Mt 13, 1-9)

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » 


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Méditer avec les Carmes
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Les chemins que Dieu prend et ceux qu'il nous fait prendre nous paraissent souvent déroutants. C'est vrai au niveau des personnes, et cela se vérifie dans la vie des communautés. Au désert du Sinaï, ce fut le lot de tout un peuple.

Israël avait rapidement gagné le désert qui devait être un chemin vers la liberté. Or très vite il y trouva l'insécurité et l'incertitude. Son premier réflexe fut de se laisser entamer par la nostalgie : "Que ne sommes-nous morts au pays d'Egypte, quand nous étions assis auprès des marmites de viande et mangions du pain à satiété !"

Puis le peuple se retourna agressivement contre les hommes de Dieu : "À coup sûr vous nous avez amenés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette multitude". Dans le projet de liberté, tous ces hommes déçus ne voyaient plus maintenant qu'un dessein de mort. Ils s’en prenaient à Moïse et Aaron, mais en fait c'est contre Dieu qu'ils murmuraient, comme si le Dieu de la vie pouvait chercher la mort.

Cette tentation de faire des reproches à Dieu, nous la connaissons bien : elle accompagne parfois nos tristesses, personnelles ou communautaires ; elle nous visite lorsque, pensant à notre existence religieuse, et au désert qu'elle nous fait traverser, nous nous laissons aller à la déception et à l'amertume, lorsque nous regimbons devant les imprévus, lorsque nous nous révoltons devant les faiblesses ou les impuissances communautaires, comme s'il fallait faire le deuil de notre projet de liberté.

Mais les murmures des hommes n'ont jamais découragé Dieu. Non seulement il les entend, mais il les interprète avec miséricorde ; il sait y lire notre espérance douloureuse, notre foi en quête de son vrai visage. Et pour toute réponse, il nous donne à manger, dans notre désert, personnel et communautaire. Mais c'est une nourriture paradoxale, faite pour le voyage, que l'on ne peut ni accumuler, ni mettre en réserve, que l'on retrouve chaque jour "rien que pour aujourd'hui". Une nourriture si inattendue qu'elle suscite chaque jour la même question : "Man hū’ ?", à quoi répond chaque jour la même voix du Sauveur : "C'est le pain que le Seigneur vous a donné à manger. Ceci est mon Corps livré pour vous".

Si Dieu a fait sortir son peuple, s'il l'a mis en Exode, c'est pour qu'il ait la vie, la vie en abondance, et pour qu'il entre dans la terre de liberté.

Si Dieu remet chaque jour notre communauté en route vers le pays qu'il montrera, le pays de la gloire, si Dieu pourvoit chaque jour à notre nourriture, par son Pain vivant venu du ciel, c'est qu'il veut aller, pour la communauté et pour chacune, jusqu'au bout de sa promesse, mais par des chemins connus de lui seul.

Le point d'appui de notre espérance communautaire, et plus largement de notre optimisme chrétien, est finalement l'initiative d'amour que Dieu a prise à l'égard du monde en nous donnant son Fils : le Semeur est sorti pour semer, le Fils est sorti du Père pour semer dans le monde la parole qui appelle et qui sauve. Depuis l'origine du monde, le Verbe de Dieu semait sans sortir. Il semait en hâte la beauté, la vie dans tous les êtres, la lumière aussi, dans toute intelligence d'homme.

Mais à la plénitude des temps, lorsque Dieu a jugé que la terre était prête, le Fils de Dieu est sorti pour semer la parole définitive. Il est sorti de Dieu et retourné à Dieu (Jn 13,3), et quand bien même sa parole serait ici ou là dispersée, galvaudée, étouffée, partout où elle trouvera une terre souple, elle donnera du fruit, trente, soixante, cent pour un !


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Dans les visions de Maria Valtorta
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Date
1er mars 28
Lieu
Chorazeïn
Livre
Tome 3 - ch 179.5
2ème année vie publique

       (...) Ecoutez, et peut-être comprendrez-vous mieux comme peuvent être différents les fruits d’un même travail.

       Un semeur s’en alla semer. Il possédait de nombreux champs, de différentes sortes. Certains étaient un héritage de son père et la négligence y avait laissé proliférer les plantes épineuses. Lui-même en avait acquis d’autres : il les avait achetés tels quels à un homme incapable et les avait laissés en l’état. D’autres encore étaient entrecoupés de chemins car cet homme recherchait toujours ce qui est le plus commode et il ne voulait pas faire beaucoup de détours pour aller d’un endroit à l’autre. Enfin, il y en avait quelques uns, les plus proches de chez lui, auxquels il avait consacré tous ses soins pour avoir une vue agréable devant sa maison. Ces derniers étaient bien débarrassés des cailloux, des ronces, du chiendent et du reste.

       L’homme prit donc son sac de grains, des meilleurs, et il se mit à ensemencer. Le grain tomba dans la bonne terre meuble, labourée, propre, bien fumée des champs les plus proches de la maison. Il tomba sur les champs entrecoupés de chemins et de sentiers qui les divisaient et, qui plus est, y amenaient la crasse de poussières arides sur la terre fertile. Une autre partie tomba sur les champs où la paresse de l’homme avait laissé se multiplier épines et chardons. Maintenant que la charrue les avait emportées, elles paraissaient avoir disparu, mais elles étaient toujours là car seul le feu, cette destruction radicale des mauvaises plantes, les empêche de renaître. Le reste de la semence tomba sur les champs achetés récemment et qu’il avait laissés tels quels sans les défricher en profondeur ni les débarrasser de toutes les pierres éparses dans le sol, qui y formaient un pavage dur dans lequel les racines tendres ne pouvaient pénétrer. Après avoir tout semé, il rentra chez lui et dit : “ C’est bien ! Maintenant, je n’ai plus qu’à attendre la récolte. ”

       Il se réjouissait parce que, au fil des jours et des mois, il voyait lever des épis de blé drus dans les champs proches de sa maison, et cela poussait… Quel soyeux tapis ! Et puis ces épis, quelle mer ! Les blés blondissaient et chantaient, en battant épi contre épi, un hosanna au soleil. L’homme disait : “ Tous les autres champs vont être comme ceux-ci ! Préparons les faux et les greniers. Que de pain ! Que d’or ! ” Et il se réjouissait… Il moissonna le blé des champs les plus proches, puis passa à ceux hérités de son père, mais laissés en friche. Et il en resta bouche bée. Le blé avait abondamment poussé car les champs étaient bons et la terre, amendée par son père, était grasse et fertile. Mais sa fertilité avait agi aussi sur les plantes épineuses, emportées par la charrue mais toujours vivaces. Elles avaient repoussé et formé un véritable plafond de ramilles hérissées de ronces au travers duquel seuls quelques rares épis avaient pu lever. Le reste était presque entièrement mort étouffé.

       L’homme se dit : “ J’ai été négligent à cet endroit, mais ailleurs il n’y avait pas de ronces, cela ira mieux. ” Et il passa aux champs récemment acquis. Sa stupeur fit croître sa peine. Maigres et maintenant desséchées, les feuilles des épis gisaient comme du foin sec répandu partout. Du foin sec. “ Mais comment cela se fait-il ? comment ? ” gémissait l’homme. “ Et pourtant, il n’y a pas ici d’épines ! Et la semence était la même ! Pourtant, le blé avait poussé, dru et beau ! On le voit aux feuilles bien formées et nombreuses. Alors pourquoi tout est-il mort sans faire d’épis ? ” Et avec douleur il se mit à creuser le sol pour voir s’il y trouvait des nids de taupes ou autres fléaux. Or il n’y avait ni insectes ni rongeurs : mais que de pierres, que de pierres ! Un amas de caillasse. Les champs en étaient littéralement truffés et le peu de terre qui les recouvrait n’était qu’un trompe-l’œil. Ah ! S’il avait labouré le sol profondément quand il en était temps ! Ah, s’il avait creusé et testé le fond avant d’acquérir ces champs comme un bon terrain ! Ah, si du moins, après avoir fait l’erreur de les acheter au prix proposé sans s’assurer de leur qualité, il avait fait des efforts pour les améliorer ! Mais c’était désormais trop tard et ses regrets étaient inutiles.

       Humilié, l’homme se releva et se rendit aux champs qu’il avait entrecoupés de petits chemins pour sa commodité… Et il déchira ses vêtements de douleur. Ici, il n’y avait rien, absolument rien… La terre foncée du champ était couverte d’une légère couche de poussière blanche… L’homme tomba sur le sol en gémissant : “ Mais pourquoi ici ? Il n’y a là ni épines ni pierres, car ce sont nos champs. Mon grand-père, mon père et moi-même, nous les avons toujours possédés et, pendant des dizaines d’années, nous les avons rendus fertiles. J’y ai ouvert les chemins, j’ai enlevé de la terre aux champs, mais cela ne peut les avoir rendus stériles à ce point… ” Il pleurait encore quand une réponse à ses plaintes douloureuses lui fut donnée par une bande de nombreux oiseaux qui s’abattaient des sentiers sur le champ, et du champ sur les sentiers, à la recherche de graines… Le champ, devenu un canevas de sentiers sur les bords desquels du grain était tombé, avait attiré une foule d’oiseaux qui avaient mangé d’abord le grain tombé sur les chemins, puis celui du champ jusqu’au dernier grain.

       Ainsi l’ensemencement, le même pour tous les champs, avait donné là-bas cent pour un, ailleurs soixante ou trente, et ici rien. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. La semence, c’est la Parole : elle est la même pour tous. Les endroits où elle tombe sont vos cœurs. Que chacun en fasse l’application et comprenne. Que la paix soit avec vous. » (...)

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