FR-Evangile-Illustre-2016-01-07
August 31, 2020 - Saint Aristide
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L'évangile du jour
« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle » (Lc 4, 16-30)

En ce temps-là, Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. 


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Après l'enthousiasme, la haine : en un seul épisode de l'Évangile nous avons ici un résumé de toute la vie de Jésus.

L'office, à la synagogue, comportait au moins deux lectures, parfois trois. La première était le seder, tiré de la Torah (Pentateuque) ; la deuxième, la haftarah, était toujours empruntée à un livre prophétique, et c'est celle-là qui fut confiée à Jésus. En général le passage à lire était prévu à l'avance ; il suffisait de dérouler le parchemin jusqu'au signet.

Ce n'était sans doute pas la première fois que Jésus assurait une des lectures dans cette synagogue de Nazareth ; mais c'était la première fois qu'il allait y prendre la parole. D'où la curiosité de tout l'auditoire. Marie, de sa place parmi les femmes, ne perdait pas un mot ; et tous avaient les yeux fixés sur son fils.

D'habitude l'homélie consistait à éclairer un texte par l'autre, la première lecture par la deuxième ; mais ce jour-là, semble-t-il, Jésus part directement du texte d'Isaïe (61) qu'il vient de proclamer. On attendait une exégèse ; on entend une annonce, inattendue, étrange, inouïe : "Aujourd'hui cette écriture est accomplie pour vous qui entendez !"

En un instant, venues du fond des âges, les paroles des prophètes se concentrent sur cet artisan, assis dans la chaire, et qui explique calmement ce texte qu'il a médité tant de fois, spécialement depuis son baptême :

"L'Esprit du Seigneur est sur moi qui vous parle. C'est moi qui ai reçu son onction pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle. C'est moi qui suis envoyé proclamer de la part du Seigneur une "année d'accueil".

À ce message d'espérance, à ces "paroles de grâce", les gens de Nazareth, dont beaucoup sont des compagnons d'enfance de Jésus, se montrent d'abord accueillants ; mais tout de suite le doute, l'affreux doute, s'insinue : "N'est-ce pas là le fils de Joseph ? Sur quoi appuie-t-il ses prétentions ? On raconte beaucoup de choses à Capharnaüm ; mais nous, ici, nous n'avons vu aucun signe !"

Et Jésus répond, en substance : "Si vous ne voulez pas croire, vous qui me connaissez, d'autres croiront à votre place, car Dieu, comme au temps des prophètes, va faire grâce même à des étrangers, et sa miséricorde ignore les frontières".

Face au doute, Jésus proclame l'universalité de sa mission et l'extension à tous les peuples du plan de salut de Dieu. La discussion se prolonge et s'envenime, si bien que la foule s'apprête à lyncher l'enfant du pays.

Pour nous, qui entendons ce récit après vingt siècles de christianisme, l'Écriture s'accomplit de nouveau : le Fils de Dieu nous appelle à notre propre liberté, mais son message suscite en nous la contradiction. Depuis trop longtemps, sans doute, nous sommes ses compagnons, et parce qu'il s'est voulu tout proche de nous, nous laissons s'estomper dans notre intelligence et notre cœur le mystère de sa personne. Le drame de la foi se poursuit en chacune de nos vies : Jésus prophète ne trouve pas accueil dans sa patrie, et "les siens" continuent à ne pas le recevoir, ou du moins à ne rien attendre de lui.

Les gens de Nazareth croyaient tout savoir à propos de Jésus parce qu'ils connaissaient l'échoppe de Joseph ; mais ils ignoraient qu'en Jésus "Dieu était à l'œuvre, se réconciliant le monde" (2 Co 5,19). La même tentation nous guette lorsque nous jugeons nos frères : à force de voir en chacun le simple fils d'Untel, nous ne voyons plus en lui le fils que Dieu aime ; à force de jauger la vie d'un homme en fonction de son efficacité ou de ses limites, nous ne savons plus voir l'œuvre que Dieu fait en lui ou pourrait faire par lui.


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Dans les visions de Maria Valtorta
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Date
11 septembre 27
Lieu
Nazareth
Livre
Tome 2 - ch 106.2
1ère année vie publique

       (…) Je me trouve de nouveau dans la synagogue de Nazareth. Cette fois, le rabbin fait la lecture. J’entends sa voix monotone et nasillarde, mais je ne comprends pas les paroles qu’il prononce dans une langue qui m’est inconnue.

       Dans la foule se trouve aussi Jésus en compagnie de ses cousins apôtres et d’autres qui sont certainement eux aussi des parents, mais que je ne connais pas.

       Après la lecture, le rabbin tourne les yeux vers la foule, comme en une muette invitation. Jésus s’avance et demande à tenir la réunion aujourd’hui.

       Je l’entends lire de sa belle voix le passage d’Isaïe cité par l’Evangile : « L’esprit du Seigneur est sur moi. » Et j’entends le commentaire qu’il en fait en se présentant comme « celui qui apporte la Bonne Nouvelle, la loi d’amour qui remplace l’ancienne rigueur par la miséricorde, afin qu’obtiennent le salut tous ceux dont la faute d’Adam rend l’âme malade et, par contrecoup, la chair, car le péché engendre le vice, et le vice la maladie, même physique. Et aussi pour que tous ceux que l’Esprit du mal retient prisonniers obtiennent leur libération. Je suis venu pour rompre ces chaînes et rouvrir le chemin du Ciel, pour donner la lumière aux âmes aveuglées et l’ouïe aux âmes sourdes. Le temps de la grâce du Seigneur est venu. Elle est parmi vous, c’est elle qui vous parle. Les patriarches ont désiré voir ce jour, dont la voix du Très-Haut a proclamé l’existence et dont les prophètes ont prédit le temps. Et déjà, portée à leur connaissance par un ministère surnaturel, ils savent que l’aube de ce jour s’est levée et que leur entrée au paradis est proche désormais. Elle exulte, l’âme des saints auxquels il ne manque que ma bénédiction pour être citoyens du Ciel. Vous le voyez. Venez à la Lumière qui s’est levée. Dépouillez-vous de vos passions, afin d’avoir l’agilité nécessaire pour suivre le Christ. Ayez la bonne volonté de croire, de devenir meilleurs, de vouloir le salut, et le salut vous sera procuré. Il est entre mes mains, mais je ne le donne qu’à ceux qui font preuve de la bonne volonté de le posséder, car ce serait une offense à la grâce que de le donner à ceux qui désirent continuer à servir Mammon. »

       Un murmure s’élève dans la synagogue.

       Jésus tourne les yeux vers l’assistance. Il lit sur les visages et dans les cœurs et continue :

       « Je comprends votre pensée. Parce que je suis de Nazareth, vous voudriez une faveur spéciale, un privilège. Mais cela, c’est par égoïsme de votre part et non par la puissance de votre foi. Aussi, je vous dis qu’en vérité aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. D’autres régions m’ont accueilli et m’accueilleront avec une plus grande foi, même certains dont le nom est pour vous un scandale. J’y trouverai une moisson de disciples, alors que je ne puis rien faire sur cette terre-ci, parce qu’elle m’est fermée et hostile. Mais je vous rappelle Elie et Elisée. Le premier trouva la foi chez une femme phénicienne et le second chez un Syrien. Ils purent donc accomplir un miracle en faveur de l’un et de l’autre. Les gens qui mouraient de faim en Israël n’eurent pas de pain et les lépreux pas de purification, parce qu’il n’y avait pas dans leurs cœurs de bonne volonté, cette perle fine que le prophète avait découverte ailleurs. C’est ce qui vous arrivera, à vous aussi qui êtes hostiles et incrédules à l’égard de la Parole de Dieu. »

       La foule s’agite, lance des imprécations, tente de mettre la main sur Jésus, mais ses apôtres et cousins Jude, Jacques et Simon le défendent. Furieux, les Nazaréens chassent alors Jésus de la ville. Ils le poursuivent avec des menaces – pas seulement verbales – jusqu’au sommet de la colline. Alors Jésus se retourne, les immobilise de son regard magnétique, passe indemne au milieu d’eux et disparaît en gravissant un sentier de la colline.

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